

Le mois de mars a largement été dominé par la crise du CPE en donnant une part de voix extraordinaire aux ministres concernés parmi 15000 articles de presse citant 58 personnalités politiques appartenant aux partis qui ont présenté un candidat aux présidentielles de 2002.
Le disjoncteur, M. Villepin, a bien joué son rôle en défendant le plus longtemps possible son projet de loi devenu impopulaire à cause d’une stratégie de communication que même Jacques Chirac a été contraint de dénoncer. Un résultat du simple au double en citations en faveur de Villepin, ce qui est une première depuis le mois de juin 2005. Une autre nouveauté se révèle dans la part de voix dans les médias du ministre de l’intérieur , presque égale à celle du président. En revanche, les citations de Nicolas Sarkozy sont beaucoup plus positives car elles démontrent, après les photos publiées sur les violences effectuées sur des journalistes aux Invalides, l’organisation efficace de la police coordonnée avec les services d’ordre des syndicats de gauche. Le premier flic de France a encore évité les accidents fatals en montrant sa capacité de dialogue avec l’opposition.
Politiquement réussi dans ses propos, Nicolas Sarkozy est resté fidèle à son gouvernement tout en exprimant la seule issue attendue par une majorité de Français. Avec une transition apparemment naturelle, les premières semaines d’avril ont été l’occasion pour le président de l’UMP de garder le « micro » avec le thème de l’immigration choisie et non subie.
Face à la présence médiatique structurelle de Nicolas Sarkozy, les voix de l’opposition sont largement moins reprises dans la presse. Même si François Hollande, pourtant secrétaire général du parti socialiste, répond toujours comme un écho aux propositions de droite, il est talonné par sa maîtresse Ségolène Royal, qui monte inlassablement dans les sondages nationaux.
Enfin, l’observation de la visibilité des deux adversaires du gouvernement dans les blogs francophones (technorati.com), montre parfaitement que les conversations sur Villepin sont dues à l’actualité du CPE. Alors que celles sur Nicolas Sarkozy dépassent ce conflit pour animer d’autres débats.
Cette tendance devrait s’accentuer en avril dans la mesure où Villepin souhaite se faire oublier pour effectuer un lifting de sa réputation avant l’ouverture de la campagne présidentielle. Si la France a les pieds dans la merde, elle aimerait choisir un coq qui ne cesse de chanter malgré les dangers. Lire aussi : L’engagement de Dominique de Villepin lui donne l’avantage dans les médias