

La chinoise de Hong Kong, madame Margaret Chan, a été élue le 9 novembre à la direction générale de l’Organisation Mondiale de la Santé en remplacement du défunt Lee Jong Wook. Elle a été plébiscitée par 150 voix sur 154 pays, cette spécialiste des maladies transmissibles était chargée de la grippe aviaire depuis 2003 à l’OMS. Cette femme élégante semble avoir été saluée pour avoir décidé, à l’époque, l’abattage d’un million et demi de volailles en Chine. En juin dernier, la Chine avait vacciné 4,8 milliards de volailles sur les 14 milliards. Mais le choix de Chan serait surtout politique pour améliorer la transparence entre les mesures sur le H5N1 enregistrées en Chine et la coordination de l’OMS. Simon Lee, un analyste chinois publié dans le Bangkok Post le 13 septembre, dénonce le non respect des principes de précautions par M. Chan. Elle n’aurait pas pris à temps les mesures d’isolation nécessaire à l’époque du Sars et aurait encouragé les chinois a consommé de la volaille après les premiers indices de grippe aviaire. Son élection à l’OMS lui permettrait de sauver la face et celle de son pays pour sauver le monde de cette pandémie.
Dès la fin du mois d’août, M. Chan prépare un manifeste qui sera largement publié à partir du 7 septembre. Elle rencontre aussi les représentants de plus de quinze pays pour mener sa campagne que la presse chinoise anglophone reprendra moins que les médias de six autres pays : France, Mexique, Canada, Etats-Unis, Espagne et Grande-Bretagne. Au total, ce sont plus de 300 articles (sur 600 articles consacrés à cette élection) entre septembre et fin novembre 2006 qui citeront cette femme déterminée en associant son action pour la lutte contre la grippe aviaire et non pour l’enjeu de l’obésité (5 articles).
Au contraire, la directrice pense que l’OMS a dépensé trop de ressources pour convaincre les pays riches à mieux consommer sa nourriture et faire du sport. Cette déclaration semble étonnante quand on sait maintenant que les pauvres de tous les pays sont les plus touchés par l’obésité et les conséquences cardiovasculaires. Visiblement sensible aux maladies transmissibles et bien entendu à la pandémie de grippe aviaire qui a très rapidement touché son pays natal, Chan tient plutôt la position des politiques américaines qui ont légiféré en 2005 avec la « cheeseburger bill » pour ne pas permettre aux consommateurs obèses de trouver des indemnisations auprès de l’industrie agroalimentaire.
Chan souhaite lever plus de fonds, auprès des grands mécènes comme la fondation Gates par exemple, pour augmenter le budget annuel de l’OMS qui atteint €1,7 milliard. Elle a déclaré dès septembre vouloir insuffler des volontés politiques nationales ; créer un observatoire des maladies ; surveiller la santé africaine et celle des femmes ; réduire la mortalité infantile et former les prestataires de soins...
Dans l’actualité sur la grippe aviaire, en dehors de mesures de précautions qui touchent de nouvelles régions comme la Réunion ou la surveillance des oiseaux migrateurs, un scandale secoue l’Algérie. L’importation « abusive » de Tamiflu en Algérie, vaccin antigrippal, par certains opérateurs qui auraient bénéficié de lignes de crédits financiers du ministère des Finances, est au centre d’une vive polémique de €70 millions avec contrefaçon et remboursement de ce médicament. Un générique produit par l’entreprise nationale Saïdal n’aurait pas rencontré le niveau de ventes espérées. La bonne nouvelle vient de Birmanie qui a déclaré en septembre ne plus enregistrer de cas de grippe aviaire.