
Rien ne sert de poursuivre la multiplication des associations nationales pour la promotion de l’intelligence économique car tous leurs membres attendent un signal d’engagement des patrons.
Les dirigeants sont toujours absents et refusent de travailler sur des propositions concrètes pour engager leur entreprise dans une démarche structurée (gestion coordonnée des veilles prédictives) de protection des actifs et sur un vrai partenariat avec les pouvoirs publics.
Une seule chose est certaine, les spécialistes actuels proposent une offre de sensibilisation et de formations des cadres supérieurs sous l’impulsion de l’Etat français représenté par Alain Juillet.
Mais les résultats de cette nouvelles culture de gestion de l’information industrialisée et décloisonnée ne verront le jour que dans quelques années.
Nos patrons manquent de motivation, de visibilité et de convictions. Notre économie est maintenant sous la souveraineté européenne. La croissance et l’emploi dépendent surtout de la capacité des entrepreneurs installés en Europe à faire preuve de courage dans l’innovation et à assumer leur responsabilité contre l’immobilisme, mais sans investir des ressources qui ne sont pas disponibles.
Le double enjeu de la mondialisation est de poursuivre la recherche de profits durables pour les actionnaires et les employés européens d’une part. D’autre part, il faut satisfaire les valeurs attendues des consommateurs et des employés étrangers qui ne partagent pas nos lois et notre système de protection sociale.
L’Etat français a donné une impulsion, sous le titre abstrus d’Intelligence Economique (IE), qui a pour premier objectif de protéger un périmètre plus important d’entreprises « sensibles » et de favoriser la formation des cadres en France. L’IE étant joliment définie par Alain Juillet dans le numéro d’avril « Enjeux Les Echos » comme la fille de la mondialisation et des NTIC.
Il est nécessaire maintenant de réunir les patrons et les élus européens - au sein d’une agence européenne du surveillance économique - pour créer un effet accélérateur sur deux actions réalisables à court terme :
· Industrialiser, avec les outils électroniques disponibles, les veilles informationnelles sur tous les sujets qui peuvent devenir des menaces médiatiques ou juridiques et détruirent des valeurs économiques ;
· Syndiquer les études économiques permanentes de nos organisations publiques ou parapubliques pour les proposer aux entreprises contribuables en Europe à des prix inférieurs aux prix de revient, car déjà financés par l’impôt.
La première des ces mesures doit être mise en place par les grandes entreprises pour libérer des tâches sans valeurs ajoutées intellectuelles qui de toute façon feront l’objet, comme beaucoup d’autres, d’une délocalisation à l’étranger. Les employés qui cesseront de récupérer, classer et diffuser l’information sensible bénéficieront de ces nouvelles formations pour réaliser des analyses prédictives à forte valeur ajoutée.
La seconde action dépend du décloisonnement de nos administrations, mission placée sous la responsabilité d’Alain Juillet, pour alimenter une base de donnée sur un serveur accessible par Internet. Ce serait le « servicepubliceconomique.fr » de l’administration électronique