

Le nouvel observateur cette semaine développe un article sur le plus gros fonds d’investissement américain, Carlyle, qui gère 18 milliards de dollars avec une rentabilité annuelle de 30% ! Depuis le 11 septembre 2001 la famille Ben Laden a dû sortir du cercle des actionnaires et les administrateurs issus des pouvoirs publics américains (famille Bush, CIA...) ont modifié la stratégie de leurs discours.
Carlyle n’a pas abandonné son goût pour le « stratégico-militaire ». Le glissement vers le civil (immobilier, télécoms, énergie) est certes spectaculaire (revente de United Defense et de Vinell, fournisseur de mercenaires clés en main). « Aujourd’hui le militaire ne compte que pour 3% de nos investissements », affirme Millet. Mais entre ses 30% de Quinetic, centre de recherche du ministère de la Défense britannique, ou le rachat de Fiat Avio qui lui vaut un siège au conseil d’administration d’Ariane Espace, que ces « restes » sont beaux ! Et puis il y a défense et défense. Dans la logistique moderne, où la high-tech est reine, les technologies civiles sont parfois proches des militaires. Voyez Otor. « Le carton à haute définition, nitrocellulosé, c’est le polymère moderne », affirme un connaisseur. Il peut servir à la fois de « munition consommable » comme nos bonnes vieilles douilles et d’emballage stratégique ultraléger mais hyperrésistant. Science-fiction ? Bofors, l’entreprise suédoise d’armement naguère propriété de Carlyle via United Defense, s’intéresserait de près à cette technologie mise au point par le labo d’Otor... Il n’en demeure pas moins que de nombreuses PMI européennes sont la cible de ces financiers et connaître l’identité d’un investisseur n’est pas chose facile pour les entreprises qui ont besoin de lever des fonds, surtout en période crise structurelle. Regardez le groupe Schlumberger qui a bientôt fini de revendre toutes les diversifications de Jean Riboux dans les années 70 (leader des compteurs d’eau, du gaz, de l’electricité, des cartes à puces, des matériels de mesure, des horodateurs...). Le groupe est revenu dans sa niche pour dominer l’extraction pétrolière avec le "vrai" américain Halliburton. Le conseil d’administration de Schlumberger est composé d’au moins six nationalités différentes et ses capitaux sont internationaux. L’Etat français doit-il protéger ce fleuron de l’indutrie française ou s’en méfier ? Autres exemple de naïveté latine, savez-vous que l’ensemble des archives vidéo de tous les lancements de satellites en Guyane sont classés dans l’appartement parisien d’un ancien free-lance à la retraite !
Il serait temps que notre intelligence économique d’Etat, sous la direction d’Alain Juillet, dégage des fonds pour acquérir l’une des technologies françaises permettant de cartographier les hommes et les structures susceptibles de s’intéresser à certaines de nos technologies européennes. Le logiciel "Cartographix" de Datops, par exemple, propose cette application depuis le début de l’année. Les réseaux d’Ubifrance seraient bien inspirés pour mettre à jour des fiches électroniques de Cartographix permettant de faire évoluer des indicateurs graphiques lisibles par nos chefs d’entreprise. La lecture d’une revue de presse avec une dizaine de médias ne permet plus de connaître et de mesurer la réalité de ce qui est perçu. Nos médias sont de bons rétroviseurs, il est urgent d’acheter des pare-brise avec des loupes.