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7 septembre 2010
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renseignement économique - imprimer cet article  L’année de la musique brésilienne en France
Publié le 03/01/2005, par Bertrand Dussauge

 

2005, Année du Brésil en France : l’affaire est engagée. Du point de vue discographique, cette mise en avant prévisible du Brésil a déjà suscité bien des initiatives : l’indépendant Naïve renforce son catalogue brésilien (Seu Jorge, Vinicius Cantuaria, et quelques jolis talents à venir), les majors rééditent des catalogues entiers.

C’est le cas d’Elenco, chez Universal, une série où l’on trouvera des rééditions en CD de classiques de la MPB (musique populaire brésilienne) tels Antonio Carlos Jobim, Joao Donato, Maysa, et le sensationnel et doux Edu Lobo, Vinicius de Moraes marié à Odette Lara ou Dorival Caymmi... Bref, du bon, de l’historique années 1960, du clair et du solide.

EMI s’est emparé d’un autre courant musical très fort au Brésil dans les années 1960, 1970 : le funk, la soul - la collection s’appelle Soul of Brazil. L’influence du jazz, des crooners américains et de la soul y est forte : Lenny Andrade, le Quarteto em Cy, Jaoa Doanato ou Wilson Simonal naviguent dans une logique de cousinage entre la bossa et la musique noire américaine. Les prix étant modiques, on pourra en profiter pour enrichir son fonds de discothèque.

Dans le nouveau purisme bossa-noviste, Rosa Passos, chanteuse, guitariste, vient de publier un album intitulé Amorosa, en référence à l’Amoroso de Joao Gilberto (1977). Elle y marie Besame mucho, avec les tubes de la bossa (O pato, Retrato em preto e branco) ou Wave, l’une des compositions majeures de Tom Jobim, qu’elle interprète avec Henri Salvador, tandis que le producteur Jorge Calandelli (Céline Dion, Luis Miguel) allonge Que reste-t-il de nos amours, chanson de Charles Trenet que Joao Gilberto, l’idole de la bahianaise, avait transposée à sa guitare et à son souffle.

Dans son versant jazz, la bossa version 2005 propose Eliane Elias, pianiste et chanteuse passée par les Etats-Unis et marquée de cette décontraction de la côte ouest, que beaucoup de grands Brésiliens - Jobim lui-même, Sergio Mendes -, affectionnaient. Mais avec ses tonalités à la Norah Jones, des compagnons de route certes doués (Michael Brecker au saxophone), c’est une version bien épurée de la musique de Rio qu’elle propose, en anglais, dans l’album Dreamer (BMG).

Quand, en 2002, apparaît une nouvelle esthétique de la bossa imaginée par Bebel Gilberto et son producteur Suba, le genre est en Europe classé dans le rayon du easy-listening, concept chic et britannique. Tanto tempo fut un succès mondial, Bebel Gilberto (Crammed/WEA), son deuxième album, a été nominé aux Grammys américains pour 2005. Ce croisement avec l’électronique légère a depuis fait des émules.

Paula Morelenbaum, l’épouse de Jaques Morelenbaum, violoncelliste et arrangeur de Caetano Veloso, a participé avec Ryuchi Sakamoto, le fils de Tom Jobim, et son époux à deux albums d’une grande subtilité, Casa et A Day in New York (Sony Classical).

Voici Berimbaum, douze compositions de Tom Jobim, de Chico Buarque, de Baden Powell, chantée d’une voix claire. Jacques ne s’est pas mêlé de l’affaire, Paula s’est occupé des arrangements - avec notamment Leo Gandelman ou Celso Fonseca.

Elle chante droit, derrière circulent en vitesse des cuivres, des échantillons de voix, des bruits imperceptibles, des guitares à sept cordes, des percussions à l’infini (graines, tambourins, ferrailles, bérimbau, l’arc musical de la capoeira...) : Medo de amar, O nosso amor et une chanson en français, musique de Pixinguinha, paroles de Vinicius de Moraes.

Véronique Mortaigne












 

 

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