

Dans la période du 1er juillet au 30 août dernier, près de huit cents articles en français et en anglais ont été consacrés à ce sujet. La presse française (Agences, PQN & PQR) a consacré quatre fois plus d’articles sur les voitures électriques que sur les moteurs hybrides. Les médias britanniques en ont publié deux fois plus alors que la presse américaine respectait la parité, sans le savoir. Or la réalité présente pour réduire d’au moins 40% la consommation de carburant d’une voiture, c’est le moteur hybride, conçu pour l’essence par Toyota en 1997 et commercialisé chez les américains. Le moteur hybride diesel européen serait l’alternative au brevet japonais, plus performant, mais il ressemble encore à un prototype comme sa cousine tout électrique.
L’actualité continue de nous terroriser à la veille de la rentrée des classes avec des drames en série qui donnent l’initiative aux médias pour dresser l’agenda des priorités du gouvernement français. Le mois de juillet a déclenché l’alerte rouge de Vigipirate et les feux criminels ont fait tomber des Canadairs qui ont mobilisé les initiatives de Nicolas Sarkozy. En août, d’autres avions sont tombés en obligeant le gouvernement à publier une première liste noire de cinq compagnies aériennes interdites sur le sol français. Les catastrophes rapportées par les médias en septembre seront plutôt sociales. Sans parler de l’assouplissement du code du travail pour les TPE, à l’initiative du nouveau premier ministre Villepin, qui devait permettre d’absorber en cent jours une partie du chômage, la flambée des prix du pétrole va encore fragiliser notre économie. En témoigne, la pénurie d’essence qui sévit dans le sud de la Chine actuellement. Ces crises en temps réel mobilisent les médias qui eux-mêmes ne cessent d’augmenter leur influence sur les pouvoirs publics en augmentant la fréquence de leurs publications pour stigmatiser l’urgence d’une décision, quelle qu’elle soit. Il n’est pas rare qu’une référence de la presse nationale ou locale « quotidienne » publie cinq ou six articles en deux jours sans augmenter le nombre de pages ou le tirage de l’édition papier et ce, grâce à son édition en ligne. Or ce battage médiatique ne correspond pas toujours à la campagne d’influence qui serait souhaitable pour nos industries. Les lecteurs des journaux français cet été pourraient croire que la voiture électrique française est la concurrente des modèles japonais hybrides. Alors que nos deux constructeurs français vont commercialiser dans cinq mois, malgré eux, des voitures hybrides à l’essence en attendant d’offrir une alternative hybride au diesel. Sinon, ils savent que les Européens achèteront japonais, voire américain, pour diminuer de moitié leur consommation d’essence. Il y a des limites au souverainisme !
Pourtant le courant nationaliste continue de gagner du terrain parmi les journalistes depuis les résultats du referendum sur la constitution européenne. L’Etat français dresse une liste élargie des secteurs stratégiques à protéger des capitaux étrangers, non européens je suppose, avec comme nouveautés : les nouvelles technologies, les produits laitiers depuis l’affaire Danone ou les énergies nouvelles. Ce dernier secteur est devenu une réalité aux Etats-Unis avec la voiture hybride Toyota (essence/électricité) qui réduit de 40% la consommation d’essence. Le japonais, qui prépare sa troisième génération de voiture, a déjà déposé cinq cents brevets sur cette technologie et restera à l’origine de ce tournant industriel. Il est aussi le seul à avoir trouvé la rentabilité dans ce créneau grâce à la vente de ses brevets. Seuls Honda et Ford ont rejoint ce marché qui attend aussi Chrysler et General Motors en 2006. Dans seulement trois ans, 10% des voitures vendues outre atlantique seront hybrides. Le surcoût n’est plus que de $5000 par rapport à une voiture à essence. La voiture hybride française est timidement représentée par Renault-Nissan, d’une part, qui lance son premier modèle aux Etats-Unis à la fin de l’année. Quant à PSA, il propose son modèle « Stop & Start », où le moteur se coupe à l’arrêt pour réduire la consommation d’essence de 15%. Près de cinquante mille Citröen hybrides à essence seront distribuées en 2006. En France, les pionniers comme Vincent Bolloré ou Serge Dassault ont parié sur le tout électrique qui trouve des clients essentiellement dans les services publics sans faire aucun profit. C’est pourquoi, l’industrie européenne croit plus dans une baisse de la consommation moyenne des voitures grâce au diesel. Sept voitures sur dix roulent au gazole en France. Il semble que la France, l’Allemagne et l’Espagne pourraient rattraper leur retard dans cette bataille de l’hybride avec le carburant diesel. Mais pour cela il faut un prix accessible au grand public, une rentabilité assurée dans un vaste marché et une certaine notoriété. La Chine désignera certainement les gagnants entre les techno hybrides. Seul 10% des vingt millions d’habitants de Shanghai possède un permis de conduire à ce jour. Mais les Chinois pourraient prendre aussi le leadership des moteurs propulsés à l’hydrogène, rêve des ingénieurs les plus "hype" et les plus écolos.