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10 septembre 2010
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renseignement économique - imprimer cet article  Une meilleure visibilité de la stratégie d’Accor retarderait la prise de contrôle de Colony sur le groupe hôtelier.
Publié le 05/09/2005, par Bertrand Dussauge

 

Après que Vincent Bolloré ait habilement utilisé le capital sympathie dont il jouit avec les médias français pour prendre la présidence de Havas en remerciant Alain de Pouzilhac, un scénario comparable se déroule actuellement à la veille de conseil de surveillance du groupe Accor. Son président Jean-Marc Espalioux, menacé depuis juillet par les deux actionnaires fondateurs, va perdre son poste demain au profit, sans doute, du médiatique Henri Giscard d’Estaing.

Pour mieux comprendre cette histoire franco-française, il faut analyser les articles de presse sur Accor depuis mars 2005. Ainsi, de mars à ce jour, on compte 2575 articles citant Accor, soit une moyenne de plus de 14 articles par jour. Or le 8 mars, près de deux cents articles citent le titre hôtelier, dont 40% sont publiés hors de France. Une partie de ce volume s’explique par la communication des résultats annuels. Mais le reste est animé, pour plus de 30%, par les plaintes déposées par des familles européennes contre Accor qui aurait construit un hôtel en Thaïlande sur une zone sismique et n’aurait pas engagé tous les moyens pour retrouver ses clients tués par le Tsunami. C’est sans doute cette mauvaise image reprise par les médias en juin et en juillet qui alimenterait le bien-fondé des actionnaires fondateurs, Dubrule et Pelisson, pour demander la démission de Jean-Marc Espalioux. Selon Béatrice Peyrani du Point, à l’origine de cette rumeur, les motivations des deux fondateurs seraient en fait le manque de charisme de J-M Espalioux et le désir de placer le neveu de pelisson, Gilles Pelisson, à la tête du groupe. Les noms des nominés selon Le Point sont : Henri Giscard d’Estaing (Club Med) et Jacques Stern (CFO Accor). L’analyse de la visibilité comparée des prétendants soutient cette thèse. En effet, sur la même période le Club Med a été cité dans 888 articles et Henri Giscard d’Estaing représentait 10% de ce flux essentiellement dans la presse française. Quant à Jean-Marc Espalioux, il est cité dans 7% du flux Accor, une marque qui a été trois plus visible que le Club Med. La présence de Gilles Pelisson et Jacques Stern dans la presse est insignifiante en comparaison. Au moment où cet article est rédigé, la presse dément le dernier article du Point pour confirmer le départ de J-M Espalioux. Cette décision serait votée demain au conseil de surveillance du groupe. Seul le nom du successeur resterait inconnu parmi un échantillon plus large dont la visibilité médiatique ne semble pourtant pas meilleure sur les six derniers mois : Xavier Fontanet (5% du flux Essilor), Christian Streiff ( 3.3% du flux Saint-Gobain), Philippe Germont (2,5% du flux Alcatel).

La valse des patrons se poursuit avec des marchés financiers qui donnent la préférence à la visibilité des patrons dans les médias par rapport à celle de leur société et surtout à la justification de leur stratégie, même si les performances de gestion sont vérifiées. Ainsi Havas bénéficie d’une propagation dans les médias deux à trois plus importante que celle de ces concurrents depuis la prise de contrôle du groupe par Vincent Bolloré en juin dernier. Ce dernier et la rumeur d’OPA sur Aegis motivent clairement ce volume. Vincent Bolloré contribue à lui seul pour plus de 10% du flux média d’Havas. Alors que les sociétés de bourse attendent toujours de connaître la nouvelle stratégie du management d’Havas. Cette agitation des médias sur le changement de président serait aussi une façon de détourner l’attention des investisseurs sur le risque d’OPA sur Accor par deux fonds d’investissements : Starwood Capital et Colony Capital. Après la publication fin juillet des bons résultats du premier semestre, la presse du 5 août rapporte la bonne performance du titre Accor avec une action échangée presque 43 euros, son record depuis trois ans. Mais cette valorisation reste inférieure à celle du secteur. La presse étrangère, représentant un quart du volume des articles ce jour là, s’intéresse plus au risque d’OPA de Colony (cité dans 10% du flux Accor, contre 3% pour Starwood).

Si cette nouvelle logique de visibilité des patrons dans les médias est respectée, on doit s’attendre à la prochaine nomination de Henri Giscard d’Estaing ou de Xavier Fontanet à la présidence d’Accor. Ils affichent tous deux les meilleurs scores vis à vis des autres prétendants cités. Sauront-ils profiter de ce charisme pour vendre la stratégie payante de J-M Espalioux ?












 

 

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