

Depuis le 30 août dernier, plus de 20000 articles publiés en ligne développent la première crise pétrolière du nouveau millénaire. Les secteurs les plus naturellement associés à ce risque sont la chimie, l’automobile, la distribution et l’aéronautique dont l’annonce du dépôt de bilan de Delta Airlines. Chacune des plus grandes entreprises de ces secteurs alimentent les lignes de plus de mille articles.
L’origine géographique n’est pas non plus surprenante, puisque près de 8000 documents sont signés aux Etats-Unis, quatre mille en Angleterre et trois mille en France ! La surprise débute avec la visibilité du ministre des finances, Thierry Breton, qui est repris au sein de plus de 500 papiers dont 300 en France. Derrière, la presse anglaise et américaine ne le citent que cinquante fois en moyenne. Même les médias chinois ne lui consacrent que vingt articles sur la période.
Pourtant Thierry Breton rebondissait sur les propos du député Michel Sordi, rapportés par le quotidien "l’Alsace" le 8 septembre : une nouvelle politique énergétique française avec, sans trop tarder, une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des pétroliers français. Puis, le 15 septembre dans "le Monde", le ministre s’engageait pour que l’augmentation du prix de l’essence ne dépasse pas celle de l’inflation. Il ouvrait aussi les négociations avec Total, entre autres, pour demander un véritable autocontrôle des hausses à la pompe d’ici le nouvel an.
Les technologies de Datops permettent de mesurer le type de médias à l’origine des campagnes d’information. Toujours dans notre périmètre d’analyse, la visibilité du mot « pétrole » est clairement expliquée à la suite du cyclone Katrina et à la veille de Rita.
Il est aussi facile de proportionner le poids de la presse nationale- sur le graphe -qui réalise la moitié du volume des agences mais quatre fois plus que la presse régionale. Autant dire une campagne d’influence qui ne touche pas les couches populaires mais plutôt les spécialistes qui spéculent à la hausse devant autant d’alertes.
Quant au locataire de Bercy, s’il ne convainc pas la presse étrangère, il fait mouche auprès de la plupart des Français. Car la presse nationale lui offre une couverture de 80% du volume des agences et ne réalise que le double d’articles des médias locaux.
Les Français auront retenu la nouvelle politique de contrôle des prix de l’essence : pas plus que le petit taux d’inflation et sans limite de consommation. Pour une fois, les bonnes nouvelles cachent bien les mauvaises...