

L’affichage des contenus nutritionnels des produits McDonald’s n’intéresse que les médias américains et anglais
L’observatoire mondial des médias sur la santé et la nutrition « dietobservatory.info » rapporte que McDonald’s a été cité dans plus de cent-dix articles durant la dernière quinzaine d’octobre. A cette période, il a été constaté deux fortes propagations qui se terminent respectivement les 20 et 26 octobre. A partir du 19 octobre, vingt-cinq articles associent le vote du parlement américain en faveur de la loi baptisée « Cheeseburger bill » à la marque aux deux arches. Cette loi interdit les plaintes individuelles ou collectives contre les industries alimentaires et les restaurants pour des raisons de prises de poids, ayant conduit ou non à l’obésité. Le texte doit encore passer devant les sénateurs avant de pouvoir s’appliquer dans les états qui ne l’auraient pas déjà adoptée. Autant dire que la première cible des associations de consommateurs depuis 2003, McDo, serait protégée contre des risques financiers qui auraient pu être comparables à ceux que les marques de cigarettes ont connu auparavant. Coïncidence du calendrier, McDonald’s publiait ses comptes le même jour avec des résultats positifs, notamment sur le territoire américain où la société bénéficie d’une croissance continue depuis trente mois.
Mais le 25 octobre, le siège de McDonald’s annonce que ses produits afficheront le contenu nutritionnel avec un format très convivial. En mesurant l’ensemble des publications des médias sur le sujet jusqu’au 31 du même mois, on trouve 72 articles qui rapportent certains détails de ce communiqué américain.
Il est surtout intéressant de remarquer que plus de 56% des 72 articles proviennent des médias américains et anglais. La France n’en a publié que deux sur neorestauration.com, et dans le magazine l’Expansion durant toute la semaine qui a suivi l’annonce et pas un mot de plus jusqu’à ce jour !
Alors trois possibilités sont envisageables : soit les journalistes français ne lisent pas les communiqués en anglais et attendent que McDo France diffuse un communiqué sur le sujet. Soit, l’annonce n’aurait pas d’intérêt pour les francophones car cet étiquetage ne verra le jour en Europe qu’aux jeux olympiques d’hiver à Turin en Italie, au mois de février. Ou bien encore, les journalistes considèrent que le contenu nutritionnel d’un produit n’apporte aucune valeur ajoutée aux consommateurs. De toute façon McDo s’est engagé à ce que les deux tiers des franchises dans le monde (vingt mille) appliquent cette règle avant la fin 2006.
De plus, McDonald’s prétend avoir mené un test positif auprès de ses clients dans une centaine de restaurants de cinq pays dont : Colombie, Chine, Ecosse, Espagne et Etats-Unis. Cette enquête demeure purement déclarative et n’envisage pas une analyse des modifications des comportements alimentaires. L’investissement est toutefois remarquable dans la mesure où la marque, qui concentre le plus souvent de commentaires à tonalité négative dans la presse, prend une initiative qu’aucun organisme de santé national n’a encore imposé à ce type de restaurant. Il démontre, pour le moins, la volonté d’introduire plus de transparence et surtout de clarté vis à vis des consommateurs. Les valeurs rapportées sur l’étiquetage sont assez classiques : calories, protéines, lipides, sodium et glucides. Mais l’innovation est aussi sur la forme. Car la présentation des valeurs est prévue sous forme de tableaux graphiques plutôt que sur des simples chiffres alignés en colonnes.
Même si l’objectif final est de permettre aux consommateurs de prévenir la prise de poids, ce qui n’est pas garantie, l’information nutritionnelle est sans doute l’enjeu qui va connaître le plus d’innovations pour lutter contre la progression de l’obésité. L’autre fabricant américain Coca Cola emboîte le pas de McDonald’s en annonçant la même mesure sur ces emballages début novembre. Cette fois, Le Point du 3 novembre consacre un article à la marque aux boissons gazeuses pour révéler l’imminence de la prochaine campagne publicitaire française.
Il faudra sans doute attendre qu’une grande marque française de l’agroalimentaire adopte le curseur nutritionnel français sur ses emballages pour que les médias français développent la nouvelle afin d’influencer le reste de la profession. Le curseur français indiquerait plus simplement aux consommateurs si les produits sont gourmands ou nutritionnellement bons, dans leur catégorie.