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7 septembre 2010
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renseignement économique - imprimer cet article  Le lien entre la dette de l’état français et le chômage n’est pas acquis
Publié le 29/12/2005, par Bertrand Dussauge

 

Entre la publication des comptes de l’Etat français en juin et la remise du rapport de la commission de réflexion sur la dette de la France en décembre, 150 articles ont été publiés en France. Alors que cinq fois plus d’articles ont été rédigés sur le chômage par les médias français dans la même période. Les journalistes ne perçoivent pas encore le lien entre la précarité des français et la dette produit par les services publics. La dette représente 66% du PIB mais en additionant les engagements de paiement des retraites de la fonction publique, la part de la dette pèse alors 117% du même PIB ! L’Etat n’a pas d’autres choix responsables que de poursuivre la vente de ses actifs comme il vient de le faire avec les autoroutes pour €12 milliards. Il faudra compter sur la transparence du budget de l’Etat, affecté par mission et non par poste et la mobilisation des médias.

Le baromètre de la communication financière française alimenté par les moteurs sémantiques de datops permet de mesurer la visibilité des sujets financiers dans les médias. Depuis la publication du rapport des comptes de l’Etat 2004 le 13 juin dernier et les commentaires de Thierry Breton qui ont suivi, les médias français ont consacré 150 articles à ce sujet. Alors que dans la même période, les journalistes publiaient plus de 700 articles en citant le chômage dont un papier de l’AFP le 18 octobre qui traitait de la dette et du chômage à l’occasion de l’ouverture des débats parlementaires sur le budget. La presse régionale, la télévision et les agences de presse ont peu repris les trois annonces majeures du ministre de l’économie à partir du 20 juin : « pour la première fois, la charge de la dette absorbera les revenus de l’impôt en 2005, soit environ €50 milliards », « La France vit au dessus de ses moyens » ; « une mission de réflexion, présidée par le Michel Pébereau, rendra ses conclusions à la fin de l’automne ». Seules quelques publications syndicales contestent le sens de la phrase de Th. Breton. (GIF) Doit-on entendre dans « France », les français ou les pouvoirs publics français ? La réponse est apportée par la mission de réflexion : les pouvoirs politiques successifs depuis 1981 ont laissé le poids de la dette dans le PIB grimpé de 12% à 66% (hors retraites à payer). Bien que l’endettement des français ait aussi augmenté pour atteindre 50 à 60% des revenus, il demeure la moitié de celui des américains. Ces français endettés restent cependant solvables.

Après un silence estival, le sujet de la dette réapparaît dans les médias au moment de l’ouverture des débats parlementaires sur le budget en octobre. Le 29 novembre des précisions sont données par Bercy. Si la dette de la France était calculée selon un plan comptable d’entreprise, elle devrait comprendre les engagements sur les retraites des fonctionnaires soit plus de €900 milliards, ce qui totalise une dette de 2000 milliards. Pourtant, la dette de l’Etat représente €17000 par français (hors retraite).

Ces différentes hausses des déficits publics ne sont pas dues uniquement à la seule décision des gouvernements successifs mais aussi aux périodes de faible croissance. D’autre part, la projection de ces chiffres dans l’avenir peut varier en fonction de la hausse des taux d’intérêts mondiaux ou de la dégradation de la valeur de la signature de l’Etat par les organismes de notation. Le 12 décembre le rapport remis par Monsieur Pébereau accable les gouvernements depuis deux décennies sur la gestion de la dette. Mais avec vingt préconisations, le rapport insiste sur le contrôle d’une hausse des dépenses au niveau de l’inflation ; l’engagement de dépenses nouvelles liées à des nouvelles économies ou la vente d’actifs comme les réseaux autoroutiers à condition que tout soit versé au service de la dette. L’objectif suggéré est de rapporter la dette de l’Etat français à 60% du PIB en 2010.

Pour atteindre un tel but, l’Etat ne pourra plus financer sans compter des recrutements dans les services publics ou couvrir les déficits des comptes sociaux. Par ailleurs, les journaux financiers reviennent sur le fonds de réserve pour les retraites (FRR) créé en 2002 qui n’atteindrait que 87 milliards en 2010 contre 150 prévus. Ce calcul est réalisé à partir d’une allocation de 1,3 milliard de recettes fiscales annuelles et d’éventuels excédents des régimes sociaux. L’Etat ne possède plus d’autres partenaires que les millions de PME françaises pour recruter et créer de la valeur si leurs charges sont allégées. Aucun pays étranger ni aucune fortune résidente en France n’a de raison d’accepter de rembourser la dette à la place de l’Etat. Sans cette nouvelle gestion rigoureuse de la dette, les chômeurs qualifiés partiront travailler au sein d’entreprises à l’étranger qui n’ont pas à supporter le poids de cette dette.












 

 

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