renseignement économique - imprimer cet article  Une cure d’amaigrissement s’impose dans l’information sur l’obésité.

mercredi 16 juin 2004, par - Bertrand Dussauge
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La prévention de l’obésité doit être une responsabilité individuelle ce qui impose aux pouvoirs publics et à la chaîne alimentaire de remplir leur devoir d’information. Il est enfin possible aujourd’hui de fournir au public et aux professionnels une information pertinente extraite du volume de publications mondiales sur le sujet. Les risques et les causes de l’obésité ne sont pas bien connus du public par manque d’informations claires et de campagnes de sensibilisation. Des thérapies chirurgicales ou chimiques apportent des solutions de plus en plus coûteuses. On estime le coût pour l’Europe à environ €100 milliards, d’ici 25 ans. Le bien-être de nos enfants et l’équilibre de nos finances sont en jeu !

La prévention dès la grossesse est la priorité proposée par l’OMS actuellement, face à cette épidémie d’un nouveau genre qui éloigne les obèses de leur environnement social. La 57ème assemblée de l’OMS, réunie en avril dernier, a émis un rapport alarmant sur l’obésité et a demandé à son directeur d’établir une stratégie mondiale en 2006. Celle-ci porte sur deux des principaux risques de Maladies Non-Transmissibles (MNT) : une mauvaise alimentation et le manque d’exercice physique.

Le coût de l’obésité Selon l’OMS, l’obésité toucherait 312 millions d’individus, soit près de quatre fois le nombre de ceux qui vivent avec le sida et environ 1 milliard de personnes aurait une surcharge pondérale qui transforme cette pandémie en deuxième cause principale de décès dans le monde, derrière le tabac. Le diabète de type 2 est la maladie la plus directement liée à l’obésité. Il provoquerait la mort de plus de trois millions de personnes par an. Le secrétaire américain à la santé, Tommy Thompson, a déclaré à ses collègues européens le 12 mai dernier en Irlande que « le coût actuel de l’obésité aux Etats-Unis est de €99 Mds et que durant les vingt dernières années, le nombre d’enfants atteints de surcharge pondérale aurait triplé ». On sait par ailleurs que les 2/3 de ces enfants corpulents le resteront à l’âge adulte ! Les pouvoirs publics ne cachent plus leur inquiétude quand les statistiques prévoient que deux Européens sur trois dans 25 ans seront atteints de surcharge pondérale si rien n’est fait, soit la proportion actuelle aux Etats-Unis. A ce jour, l’obésité coûte €1.8Md à la France.

Dans l’attente d’une définition internationale de l’obésité des enfants selon l’âge, l’IOTF situe respectivement les seuils de surpoids et d’obésité à 18 ans au delà d’un Indice de Masse Corporel (IMC) de 25 et 30 calculé à partir de la division du poids en kg par la taille en mètre au carré.

Obèse, mais pas responsable Face à cette menace identifiée, l’OMS promeut la prévention, et le point de départ de toute action doit commencer par la prise de conscience de l’équilibre entre alimentation et sédentarité. A ce propos, on saluera rapidement l’initiative de Roubaix, retenue parmi dix autres villes, pour mener la campagne EPODE vers 2500 enfants (Ensemble, Prévenons l’Obésité des Enfants).

Les gouvernements sont encouragés à formuler des recommandations diététiques en donnant des informations exactes aux consommateurs pour qu’ils soient en mesure de faire des choix éclairés. L’OMS est aussi consciente du volume d’articles publiés chaque jour dans le monde et souhaite que les pouvoirs publics encouragent la mesure suivie des individus, voire alertent le public contre les conseils diététiques trompeurs.

Les industriels et la restauration collective sont priés de bien vouloir promouvoir une alimentation saine et de l’exercice physique, limiter la teneur en graisse saturée et en sel, proposer des produits à plus grande valeur nutritionnelle, rédiger des informations compréhensibles pour tout public (dont l’étiquetage) et adopter des pratiques commerciales responsables, surtout vers les enfants. A noter que les aliments les moins chers sont à la fois les plus caloriques et les plus appétissants, ce qui séduit plus les milieux précaires. Reuters rapporte le 6 juin dernier que le gouvernement britannique envisage de taxer les sociétés d’alimentation pour financer des centres sportifs. En réaction immédiate à ce procès émotionnel, les professionnels modifient leur offre même si elle n’aura que peu d’effet sur des consommateurs mal informés et pas encore sensibilisés. Ainsi, McDonald’s vient d’élargir sa gamme de salades et offre des podomètres à ses clients. Alors que Kraft Food vient de signer un partenariat avec le Dr. Agatston pour labelliser ses produits : « The South Beach Diet ».

Enfin les écoles doivent créer les conditions d’un bon équilibre alimentaire pour les enfants. Mais il est aussi étonnant d’apprendre qu’une majorité de parents ne croient pas à l’émergence de cette maladie sur leurs progénitures. Les écoles devront sans doute imposer à leurs fournisseurs, les sociétés de restauration collective, non seulement des plats qui correspondent aux principaux profils alimentaires mais aussi une information explicite qui oriente le choix des élèves. Sodexho, qui distribue plus d’1.5M de repas chaque jour dans les écoles françaises a déjà pris des initiatives locales dans cette voie. Mais in fine, c’est surtout une responsabilité parentale qui doit imposer une éducation saine.

Le Canard Enchaîné du 13 mai publie les déclarations de l’assureur SwissRe qui souhaite augmenter les primes des obèses qui concentrent les risques de maladies cardio-vasculaires, d’hypertension, de diabète et de cancers. Il apparaît clairement que la première responsabilité repose sur une information gérée.

Internet peut gérer l’information L’un des objectifs de la stratégie mondiale de l’OMS consiste à surveiller l’évolution des messages qui sont adressés aux publics. En effet, plusieurs milliers d’articles concernant l’obésité sont publiés quotidiennement sur Internet et « tuent » l’accès à l’information car presque personne ne sait formuler une question (requête) dans un moteur de recherche lexical (Google). C’est pourquoi, seul un outil de filtrage sémantique est capable de segmenter et analyser les infos en dégageant des consensus. Les contraintes budgétaires des gouvernements européens laissent une opportunité aux sociétés alimentaires pour financer le portail Internet de toute information publiée sur l’obésité. Le public concerné y consultera, classées chaque jour, l’ensemble des publications dans le monde avec les trois articles les plus significatifs de tous les thèmes traités par catégorie. Un moteur de recherche avancée permettra de trouver très rapidement un sujet précis selon la source, le titre, l’auteur, la date.... Enfin, l’outil de personnalisation autorisera la mise en relation de personnes ayant un profil alimentaire similaire ou avec des professionnels régionaux. En contrepartie, les investisseurs de ce portail auront accès à une autre base de données alimentée par les millions d’abonnés prévus à ce portail de publications qui enrichira les analyses de marché des ces entreprises citoyennes.

Dans un avenir proche, le non respect du devoir d’information claire et d’éducation sera condamné par la justice, comme les fabricants de cigarettes en leur temps.

La technologie des services de renseignements Depuis l’émergence des risques terroristes et économiques, les services de renseignement adoptent des technologies d’analyse moins coûteuses en ressources humaines avec un niveau de pertinence très satisfaisant.

Alors la seule solution acceptable pour traiter industriellement le volume d’informations sur l’obésité est technologique. Les moteurs lexicaux et sémantiques analysent contextuellement tout ce qui est publié sur Internet et créent des tableaux qui donnent du sens au volume d’informations. Aucune relecture manuelle n’est nécessaire si l’utilisateur décide de synthétiser les analyses lui-même, comme nous allons le faire ci-dessous.

(BMP)
Evolution du volume d’articles entre le 15 et le 30 mai 2004
Comparaison entre obésité (jaune), éducation (mauve)et industries alimentaires(bleu)

Il suffit de regarder l’évolution de la courbe des sujets abordés (en anglais et français seulement) dans les documents traitant de l’obésité, pour s’apercevoir que le thème des enfants « pèse » pour la moitié de ceux-ci et que 9% des articles à ce jour citent les industriels.

D’autre part, un autre schéma montre que parmi les dix mots les plus associés à l’obésité par la presse française et anglo-saxonne durant la période du 15 au 31 avril dernier, le mot « éducation » arrive en quatrième position (60% des articles), derrière alimentation, graisse et poids. Cette responsabilité informationnelle est bien, quant à elle, celle des industriels, des organisations gouvernementales et des ONG. C’est pourquoi, le premier observatoire permanent et mondial de l’information alimentaire est en train de trouver son financement. Il sera motorisé par cette technologie unique de récupération, tri, stockage et analyse de la chaîne de l’information.




PS voir l’article de Emma Ross et Joseph Verrengia