Économie

Les fusions-acquisitions progressent de 20% en 2018 sans promettre de fulgurance en 2019

assemblage de puzzle
Written by Stephane Leroy

Le secteur des fusions-acquisitions a nettement fleuri cette année de sorte à enregistrer 3912 milliards de dollars, soit une croissance de 20%, selon les informations de Refinitiv (ex-Thomson-Reuters). Ces données résument bien l’appétit des entreprises mais pour quelques analystes, la situation est trompeuse, car la conjoncture économique et politique présage un grand orage pour 2019.

La meilleure note depuis 1980

Les indicateurs économiques au niveau des investissements sont au beau fixe pour l’exercice 2018. Malgré un faible rendement du côté boursier, qui a été catastrophique cette année, les entreprises ont renfloué le secteur financier via les fusions-acquisitions et notamment avec le « deal de l’année » caractérisé par le rachat du laboratoire Shire (Irlande) par Takeda pour 77 milliards de dollars.

Selon le constat de Refinitiv, la croissance des fusions-acquisitions affiche un taux de 20% en 2018, ce qui constitue la troisième meilleure note depuis 1980. A cet effet, on pourra dire que l’exercice annuel n’a pas complètement échoué au niveau financier.

Les analystes appellent au recul

Malgré cette note louable, les analystes financiers semblent dubitatifs sur la situation actuelle, qui ne reflète pas à travers ces chiffres une réelle croissance. Sophie Javary, vice-président pour la zone Europe, le Moyen Orient et BNP Paribas CIB déclare :

« La prudence s’impose quant aux perspectives des fusions-acquisitions pour 2019. La volatilité est revenue en force sur les marchés, avec des facteurs politiques qui alimentent l’incertitude, comme le Brexit, la situation en Italie ou encore la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ».

D’autre part, l’affaire de l’année sur le rachat de Shire a sauvé les meubles pour 2018, mais au final, la course aux investissements à partir des fusions-acquisitions n’a pas été aussi animée que cela.

Pierre Drevillon, chargé des fusions-acquisitions chez Citi mentionne :

« La photo est trompeuse. L’activité a été très soutenue au premier semestre avec de très grosses transactions mais depuis le mois de juillet, c’est plus calme. »