Économie

Medef, CMPE et U2P quittent temporairement la table de négociation sur l’assurance-chômage

Emmanuel Macron sur un fond bleu clair
Written by Laurent Bijon

Excédé par le forcing du président Macron sur le projet « bonus-malus », le patronat a fini par prendre des mesures draconiennes en quittant la table des négociations sur l’assurance-chômage et l’UNEDIC.

Emmanuel Macron fonce tête baissée

une clause de contratRésolu à appliquer le projet « bonus-malus » qui mettrait en place un système de majoration des cotisations des entreprises ayant recours au turn-over excessif, le Président de La République a fait déborder le vase le 24 janvier à Bourg-de-Péage lorsqu’il a déclaré :

« On a mis la proposition bonus-malus, et moi, je souhaite qu’on aille jusqu’au bout, branche par branche, parce que c’est vertueux. »

Des propos qui n’ont pas échappé au patronat, outré par le forcing de Macron, alors que les négociations sur la question d’assurance-chômage sont en cours de route.

Le 9 novembre, à Lens, Emmanuel Macron avait lancé les mises en demeure en annonçant « les entreprises qui font trop de contrats courts (CDD) auront des malus ».

Toutefois, les patrons du Medef et de la CMPE n’ ont eu recours qu’aux réseaux sociaux pour exprimer leurs mécontentements.

Aujourd’hui, ce n’est plus une question de frustration puisque le Medef, la CMPE et l’U2P se sont révoltés en quittant la table de négociation avec un retour conditionné par une souplesse de la part du Président.

« Ce n’est pas la peine de continuer »

Pour les trois patrons solidaires, l’idée d’une application de sanctions sur les CDD constitue une « mauvaise idée …susceptible de freiner l’activité et de peser sur les gains de productivité. »

Mais en surface, la pression du gouvernement est bien plus pesante, raison pour laquelle un boycottage des négociations s’avère utile.

Consterné par l’incitation indirecte et l’influence qu’Emmanuel Macron exerce sur les entreprises, Alain Griset, président de l’U2P a déclaré :

« On ne va pas tourner autour du pot pendant 100 ans. Si les négociateurs se cassent la tête, mais que le gouvernement décide de faire autrement, on en tire les conséquences. »

Une annonce qui suit l’opinion de François Asselin (CMPE) qui a affirmé :

« Si la fin de l’histoire est déjà écrite, ce n’est pas la peine de continuer. »

Source : (https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/28/assurance-chomage-le-patronat-claque-la-porte-de-la-negociation_5415712_3234.html)