Économie

Les équipements vestimentaires biodégradables : une lutte permanente pour Picture

des tissus colorés
Written by Charlotte Rousseau

Pas facile de défendre l’environnement lorsqu’on approche des amoureux de la montagne, plus intéressés à la glisse qu’à la protection de l’écologie. Mais pas question pour Picture, une société disposée à fournir tous les efforts pour proposer des vêtements biodégradables, de faire marche arrière face à une société de consommation méticuleuse de son portefeuille. Si la clientèle ne veut pas payer plus cher qu’un tissu réglementaire, alors l’entreprise s’alignera dessus.

Le textile organique, une science profonde

une clause de contratLa problématique d’un tissu biodégradable repose sur sa longévité et sa praticité. Ce n’est pas toujours facile de proposer un produit vestimentaire qui ne tiendra qu’un hiver, annonce Julien Durant.

Dans une recherche vouée à trouver la solution parfaite entre marketing et protection de l’environnement, Picture, une société de Clairmond-Ferrand tente de rapprocher les deux variables.

« Il faut qu’il puisse protéger la veste pendant près de deux ans. Or un sac en amidon de maïs ne résiste qu’un an », explique Julien Durant, cofondateur de la société, avant de poursuivre que si « ce sac plastique n’est pas transparent, la marchandise peut être bloquée en douane, faute de pouvoir être contrôlée, c’est d’une grande complexité. »

Le prix au cœur du débat

Bien que 24 millions d’euros de chiffres d’affaires sont annoncés pour l’exercice 2018, l’objectif de réduction de la pollution ne connaît pas de limite pour Picture. Dans cette perspective, une politique de prix est à négocier étant donné que les consommateurs ne sont pas attirés par des matériaux organiques susceptibles de jouer un rôle pour l’environnement en laissant de côté leurs plaisirs.

Dans un sondage effectué sur les pistes de ski des Deux-Alpes, la clientèle ne veut pas payer 10% plus cher par rapport à une veste standard. Aussi, Picture s’est résolu à trouver une solution bio adaptée à ce prix psychologique, en mettant en priorité la mission de protection devant le chiffre d’affaires.

Source : (https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/02/07/le-parcours-militant-de-picture-specialiste-du-textile-recycle_5420306_3244.html)