Économie

Japon : La recrudescence des Hikikomori inquiète les autorités

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Written by Charlotte Rousseau

Au Japon, un « Hikikomori » se définit comme une personne qui se prive volontairement d’interaction sociale en dehors de ses proches. Enregistrés comme des cas isolés constitués par des jeunes au chômage au début des années 90, les Hikkikomori ont connu une forte recrudescence durant cette dernière décennie. Aujourd’hui, les autorités locales s’inquiètent surtout de l’expansion flagrante de la tendance qui touche non seulement une part considérable de la société âgée mais s’exprime également avec des réclusions résolues et drastiques.

Une tendance qui inquiète

Une personne installée seule ou avec sa famille et refusant d’entretenir des relations sociales avec les autres citoyens durant des mois (voire des années) sans qu’il n’éprouve des déficiences mentales, telle est la définition que le gouvernement japonais a donné à un Hikikomori. Considéré comme des personnages marginaux, dont la décision de s’isoler est liée à une situation professionnelle ou sociale délicate, ces individus restent cloîtrés dans leurs domiciles et peuvent parfois y passer tout le restant de leur vie.

La tendance des Hikikomori est apparue dans la dernière décennie du XXème siècle, où les jeunes japonais peinaient à trouver du travail. Dans cette perspective, certains d’entre eux décidaient de rester chez leurs parents durant des mois et des années. Aujourd’hui, le nombre des Hikikomori alerte les autorités qui enregistrent pas moins d’un million de concernés. D’autres parts, la répartition des âges met également le Japon sur ses gardes étant donné qu’une majeure partie des individus relevés ont plus de 40 ans tandis que 20% d’entre eux vivent dans cette situation depuis plus de 20 ans.

Un état d’esprit conditionné par la société japonaise

Les sociologues s’intéressent également à cette croissance notable du nombre des Hikikomori qu’ils expliquent comme un phénomène sociétal défectueux. Sans jeter la pierre sur le système nippon, l’un d’entre eux, Teppei Sekimizu a motivé cette multiplication des cas par la difficulté de certaines personnes à trouver leurs places dans le monde ultra-réglementé du Japon.

Suivant son explication, la société japonaise est assez particulière dans le sens où chacun doit s’intégrer dans un système où la valeur est jugée sur la capacité à s’adapter aux règles communes… une équation qui, visiblement, ne peut être résolue par des millions d’Hikikomori.